Daniel BOULOGNE
RAID BORDEAUX SHANGHAI

HISTOIRE D'UNE AVENTURE

&

SON CARNET DE VOYAGE

CUVEE 2004
Avant-propos.

 

Quand je recherche d'où me vient le goût du voyage, je pense aussitôt à Henri Millet, mon professeur d'Histoire géographie du collège Saussure, dans le XVIIième arrondissement. Monsieur Millet avait beaucoup voyagé, en Afrique noire surtout, et je garde le souvenir ému des livres reliés de toile de jute, au papier épais, un peu jaune, illustrés de ses croquis, dans lesquels il avait raconté ses découvertes.

Ma mère a retrouvé récemment un carnet que j'avais soigneusement tenu vers mes 18 ans, à l'époque où j'étais moniteur de voile au Touring Club de France, et dans lequel j'avais noté scrupuleusement mes plans de préparation d'un grand voyage en voilier autour de l'Afrique. Chaque étape était sérieusement étudiée, port après port, j'avais même envisagé des remontées de grands fleuves pour pénétrer l'Afrique profonde...

Ce voyage était resté sur le papier, oublié au fond d'un carton, mais l'appel de l'ailleurs était bien là, l'envie de mettre mes pas là où personne n'avait marché, tout comme quand, enfant, j'adorais courir dans la neige fraîche, immaculée.

De cette époque de l'enfance date aussi mon premier grand rêve, le passage mythique du Cap Horn au milieu des tempêtes et des courants contraires. Ce rêve là sera enfin réalisé au tournant du millénaire, le 11 décembre 1999, jour de la saint Daniel, à bord du Pen-duick IV du maître Tabarly.
J'allais avoir 50 ans -le milieu de la vie, je suis toujours optimiste- et je ne pouvais rester plus longtemps assis sur ma valise de rêves.

 

Tombé tout jeune dans la peinture en bâtiment, à une époque où il était encore normal d'adopter le métier de son père, j'ai monté quelques 18 sociétés en 14 ans, peint des milliers de mètres carrés de murs, connu tous les succès et les emmerdements qui vont souvent avec... et ma soif de voyage ne s'était pas vraiment étanchée avec mon séjour aux Antilles, sous les drapeaux, ou avec les multiples voyages semi-professionnels qui avaient émaillé ma carrière industrielle.

Je me rendais subitement compte que la peinture n'était peut-être pas ma véritable trajectoire.

Le bon marin sait toujours redresser la barre et, pour rattraper le temps perdu, j'ai tout de suite vu grand : Départ de Nantes vers Santiago du Chili, en voilier, par le Horn, en emmenant toute ma petite famille.
Le projet n'a pas soulevé l'enthousiasme souhaité mais l'idée était lancée et, pour mes 50 ans, amis et parents se sont cotisés pour m'offrir le plus beau cadeau soit: le passage du Cap Horn, mon rêve d'adolescent

Loin de rassasier mon goût de l'ailleurs, loin d'épuiser mes rêves, ce voyage au long cours m'avait mis trop d'air frais dans les poumons et, dès le retour en France, l'idée de préparer un long raid, terrestre cette fois, s'est imposée naturellement.

Dans un premier temps, et plus modestement, j'allais faire mes gammes: je décidais de partir enfin avec mes enfants, au Maroc cette fois, et c'est dans ce but que j'ai acheté ce fameux 4x4...
Le mal était fait: on ne s'assoit pas impunément derrière ce volant. Attention, le coup de folie, l'envie de fugue risque de frapper les plus casaniers.

De retour du Maroc, c'était décidé, j'allais organiser une grande croisière terrestre. Et celle là n'allait pas rester dans un carton, comme le tour d'Afrique de mes dix-huit ans.

 

Partie 1:

Bordeaux, le 14 mai 2004, les douze voitures du raid, dix participants et deux voitures pour l'accompagnement, recouvertes des autocollants posés la veille au soir prennent la pose pour la photo traditionnelle. Puis, escortées de l'énorme camion Tatra, elles quittent lentement la Place du Stadium sous un soleil plein de promesses.

C'est parti pour 1400 kilomètres, Shangaï nous attend...

La joie de vivre ce moment tant attendu me fait vite oublier la petite déconvenue du départ : l'absence du maire de Bordeaux, malgré sa promesse, remplacé au pied levé par son adjoint aux sports, curieux pour une expédition qui se veut avant tout culturelle! Absence aussi du petit coup de canon promis aussi, comme un départ de régate.
Nous sommes à coté du vélodrome, et on a un peu l'impression de participer au départ d'un course cycliste pour amateurs.
Quant au petit déjeuner offert par la ville... disons que j'ai préféré recommander aux participants de ne pas trop se lester pour prendre la route!
Qu'importe, le dîner de gala de la veille au soir, avec profusion de foie gras et de canard confit, après l'accueil des participants, les dernières recommandations et vérifications techniques, avait suffisamment permis de fêter le début de la grande aventure.
Je vivais enfin ces minutes tant attendues.

Je prendrais pour un menteur tout propriétaire d'un 4x4, ou même quiconque s'est assis ne serait ce qu'une fois derrière le volant d'un 4x4, et qui pourrait m'affirmer qu'il n'a jamais rêvé de pistes se perdant à l'infini et de paysages vierges et inaccessibles.
Cette voiture, tant décriée- souvent à juste titre- quant elle tourne en rond dans les rues des beaux quartiers, n'a pas été conçue pour les petites routes du week-end.

C'est donc au retour de mon passage du cap Horn, le virus du voyage s'étant bien réveillé, que j'ai acheté d'occasion une Toyota HJD 80, à peine rodée, en prévision d'une petite virée dans le sud marocain avec ma famille.
Toujours prudent, car ce genre de véhicule ne se conduit pas comme n'importe quelle voiture, je m'inscris à l'école de pilotage Toyota du circuit de Magny-cours pour un week-end de stage.

Je profite là des conseils de François Willemin, dont la maîtrise me fait forte impression. Cette rencontre sera sans doute décisive dans l'accouchement de l'idée encore diffuse qui m'accompagne depuis le retour du Horn : l'organisation d'une grande croisière sur terre.
Emporté par l'habitude, je confie déjà à François Willemin les grandes lignes de ce que j'appelle un projet de communication Toyota. François, en bon Suisse, m'écoute d'une oreille apparemment distraite. Il ne sait sans doute pas encore que j'ai généralement de la suite dans les idées.

Au retour du Maroc, après quelques milliers de kilomètres pour apprivoiser mon nouveau jouet, ce qui n'était qu'un simple rêve se transforme en projet: effectivement, on ne s'asseoit pas derrière le volant d'un 4x4 pour se perdre dans les embouteillages parisiens.

Quitte à passer pour un obsédé des casseroles, un mono-maniaque des fourneaux, je ne peux concevoir l'élaboration de ce projet que comme une préparation culinaire, comme la conception d'un repas complet. Tout gastronome vous le confirmera, cette période de préparation est au moins aussi existante, et même souvent plus jouissive que la dégustation.
Il s'agit donc de cuisine: concevoir d'abord le menu, le trajet du raid, puis faire le marché pour trouver les meilleurs produits, les meilleurs fournisseurs, choisir entre différentes opportunités... puis se mettre enfin à la cuisine, mélanger un peu d'aventure, une bonne dose de découvertes culturelles, ajouter un peu de sport, une pincée d'humour, un zeste d'imprévu et laisser tout ça mijoter. Il faudra alors goûter les différents plats au cours d'une reconnaissance, l'occasion de rajouter un peu de sel, un peu de piment, supprimer cette entrée inutile, courir acheter le produit oublié...
Viendra enfin le temps de penser aux convives, d'imprimer les menus et d'envoyer les invitations!

A mon retour du Maroc, en septembre 2002, on est encore loin de passer à table.
Je suis chez moi, un verre de whisky à la main, penché sur une carte du monde achetée à la librairie l'Astrolabe, en train de dessiner mentalement ma future route.

Encore marqué par le passage du Horn, j'allais concevoir le raid comme une croisière, une croisière terrestre, certes, mais une croisière quand même. Je pense navigation, équipage, caps à suivre, je pense météo, force du vent... Je pousserais même plus tard la comparaison jusqu'à planter le drapeau du Yacht club de France au point le plus continental du globe, le point le plus éloigné de toute côte, dans les montagnes de l'Altaï... je suis déjà parti dans ma tête.

Pour le départ, pas trop d'hésitation, on partira de la maison, de France. Pour l'arrivée, la Chine s'impose rapidement. Toujours dans mon idée de croisière terrestre, la référence à la plus célèbre de ces croisières, la Croisière Jaune, le Paris/Pékin des années 20, est inévitable.
La Chine donc à l'horizon, bien sûr, mais pas seulement pour jouer sur la nostalgie : je savais pouvoir faire partager ma fascination pour cet immense empire qui ne dort plus depuis longtemps: la Chine s'est réveillée, il est temps d'aller à sa rencontre.

Noblesse oblige, il fallait enfin que je me démarque des pionniers de la Croisière Jaune, il me fallait bien offrir un petit bonus: un poil plus à l'Est, un poil plus à l'ouest, et, pour en rester sur le thème de la croisière, relier une côte à l'autre, l'Atlantique au Pacifique, Bordeaux à Shanghai.
Bordeaux pour départ, une ville proche de ma région d'adoption, et surtout un nom connu du monde entier pour le produit de ses vignes, un atout qui ne manquera pas de séduire mes interlocuteurs. Shangaï de l'autre coté, la ville interlope, la ville la plus dynamique d'un pays qui n'est que mouvement.

Dans la foulée, je trace, crayon à la main, un premier itinéraire possible en évitant les régions les plus risquées, soumises à des conflits larvés ou à la pression du terrorisme, en recherchant les zones les plus exotiques les plus évocatrices... le raid prend déjà forme, les grandes étapes se dessinent: Europe, Russie, Mongolie, Chine... apéritif, entrée, plat de résistance, dessert.
J'en ai déjà l'eau à la bouche.

Je calcule rapidement le nombre de kilomètres, en déduit un nombre de jours de route: un voyage ni trop long, ni trop court, quarante jours, la moitié du tour du monde imaginé par Jules Verne.

Le point de départ est fixé, l'arrivée aussi, une route qui, je peux l'avouer aujourd'hui, allait me permettre de répondre enfin à une de mes grandes interrogations de gastronome: comprendre enfin pourquoi les canards, ces grands migrateurs, terminent confits à Bordeaux et laqués à Shanghai... la raison même du raid était trouvée.

Ce premier soir, l'essentiel était fait, je m'endors même en décidant de la date de départ, un 14 mai, parce que c'est le printemps, ni trop chaud, ni trop froid, parce que c'est le jour de mon anniversaire, et parce que le 14 est mon chiffre fétiche ! Pourquoi faire compliqué?

Dès le lendemain, mon premier coup de téléphone est pour François Willemin, mon moniteur Toyota, un véritable professionnel pour ce genre d'expédition. Je constate avec plaisir que son audition s'est améliorée, il m'écoute avec plus d'attention et, comme il se trouve libre pour quelques mois, il n'hésite pas longtemps avant de me donner son accord.

Nous nous mettons rapidement au travail. Dans un premier temps, en lui donnant le point de départ et d'arrivée, je lui demande de tracer son propre itinéraire, je compare avec le mien, on enlève quelques kilomètres ici, on en rajoute ailleurs, on modifie le trajet en fonction des impératifs culturels du voyage. Bref, pendant quelques mois, nous allons ensemble peaufiner le menu, faire le marché, échanger nos recettes.

Dès le premier soir, j'avais tout de suite divisé la route en quatre grands tronçons évidents: l'Europe, la Russie, la Mongolie et la Chine. Pour chacune de ces étapes, je devais trouver les équipes les plus performantes pour m'aider à l'élaboration de ma feuille de route.

Pour l'Europe, pas de problème particulier: repérage des hôtels, vérification des temps de conduite, penser à une suite de temps culturels et de détente bien rythmée... un travail relativement simple mais différent de celui d'une simple agence de voyage car je n'oublie pas qu'il s'agira là des premiers jours du raid et que tout doit se passer dans les meilleures conditions possibles, sans fatigue excessive, pour mettre les participants dans le bain tranquillement et apprendre à mieux les connaître dans les conditions du voyage.

Pour la Russie, ça devient un peu plus délicat. Les habitudes et les règles du jeu changent. Le pays et vaste, la chute du communisme a libéré des élans pas toujours bien contrôlés et des conseils bien avisés nous ont recommandé de nous faire seconder par une équipe locale, pour des raisons de sécurité ou tout simplement pour résoudre des lourdeurs bureaucratiques encore bien vivaces malgré la démocratisation du pays.
Je resterai discret sur mes démarches pour trouver la bonne équipe, ou plutôt les bonnes équipes car l'expérience sur place, lors de la reconnaissance, me poussera à changer de partenaires pour le raid lui même. Pour faire rapide, au lieu de m'adresser à des gens qui prétendaient bénéficier de solides protections, j'ai préféré m'adresser au protecteur lui-même, quelque chose trés proche du FBS, l'ex KGB, et l'avenir me prouvera l'excellence de leurs services.
Il n'était naturellement pas question, pour cette partie de l'expédition, de faire courir le moindre risque sécuritaire à mes clients et c'est avec cette équipe locale que nous allons peaufiner l'itinéraire, les étapes, les hôtels, parfois mêmes jusqu'aux visites touristiques indispensables.

Pour la Mongolie, le plat de résistance, je sais que le raid va devenir plus sportif. La route se fait piste, la piste simple trace dans le désert, pas de villes étapes avec l'infrastructure hôtelière nécessaire pour accueillir notre caravane... une simple recherche sur Internet nous met en contact avec une agence de voyage mongole toute récente et qui comprend trés vite l'opportunité que représente l'organisation de notre voyage pour ses activités futures.

M.Byamba, ancien agent IBM, responsable de l'agence, a pas mal roulé sa bosse avant de rejoindre son pays pour en développer ses ressources touristiques, mais le périple que je lui propose est tout nouveau pour lui.

Il ne va pas hésiter à faire sa propre reconnaissance, en voiture, pendant un mois, de la frontière russe à la frontière chinoise, avant de nous soumettre un itinéraire traversant les plus beaux paysages, prévoyant des étapes sous la tente, organisant des festivités locales et nous remettre finalement un premier road book dont les étapes sont repérées en longitude et en latitude, toute autre forme de repérage, en l'absence de poteaux indicateurs, étant un peu aléatoire.

Pour la partie chinoise, le dessert, je vais encore bénéficier d'un petit coup de pouce de ma bonne étoile. Après avoir tâtonné sans grand résultat à la recherche d'une agence de voyage apte à nous conseiller dans la dernière partie de notre périple, je suis invité par un ami à la soirée d'inauguration de l'année de la Chine en France. J'ai la chance d'être présenté au ministre de la culture chinois qui, après avoir pris connaissance de la plaquette de présentation du projet, me donne aussitôt le sésame, c'est à dire les coordonnées de Philippe Xiao, responsable des échanges touristiques entre la France et son pays, aussi bien pour organiser le voyage des hommes d'affaires chinois en France que pour favoriser le séjour des Français en Chine.
Au cours d'un rendez-vous à l'ambassade, dès le lendemain, les grandes lignes de notre route sont adoptées, les étapes fixées, les visites projetées...

Ma dernière préoccupation est d'assurer le rapatriement de notre petite troupe car il n'était évidemment pas envisagé de leur proposer de faire le chemin en sens inverse.
Pour les participants, simple réservation d'avion. Pour les voitures, plus complexe, mais nous concluons avec une agence chinoise pour un retour en container, sur bateau, de l'ensemble des véhicules. Pas de problèmes sur le papier, mais, la douane étant la douane, je découvrirais plus tard qu'il n'est pas si facile de rapatrier, et non importer, des voitures de Chine...

Toutes ces démarches auront pris quelques mois, quelques centaines d'appels téléphoniques, d'échanges de mails, de fax... mais tout se met en place. La cuisine commence à sentir bon, il est temps de plonger notre grande cuillère dans les différents plats pour les goûter, il est temps de partir en reconnaissance.

Il n'est effectivement pas question de partir avec mes clients la fleur au fusil, avec un simple plan sur le papier, aussi élaboré soit-il. Je dois moi-même reconnaître le terrain, kilomètre par kilomètre, vérifier chaque route, chaque étape, chaque carrefour, ramener des photos, et même vérifier les heures d'ouverture des musées pour éviter toute surprise.

7 avril 2003, je pars donc avec deux voitures et trois compagnons.

François Willemin tout d'abord, qui m'a secondé avec détermination et talent pour l'architecture du projet, et qui apportera son expertise technique: état des routes, évaluation des difficultés particulières pour certains passages, longueur des étapes, points de ravitaillement en carburant, horaires prévus et surtout anticipation de tous les problèmes mécaniques qui pourraient subvenir pour dresser ensuite la liste des pièces de rechange à emporter.

Pascal ensuite, médecin urgentiste, dont le rôle sera de vérifier les ressources locales en cas de problèmes de santé: postes de secours, possibilités d'évacuation d'urgence, capacité d'accueil des différents hôpitaux, et naturellement liste des médicaments à prévoir au départ.

Gérard enfin, rencontré par hasard, et qui me séduit avec un projet de survol de la route en ULM biplace. J'imagine rapidement les avantages de la reconnaissance aérienne et je vois déjà défiler le film propre à décider les plus indécis. Sans plus d'hésitation, j'accroche une remorque à ma voiture pour tracter tout son matériel!

Pour ma part, mon rôle sera, pour chaque étape, de valider le choix de l'hôtel, de choisir jusqu'au menu du soir et surtout de vérifier l'essentiel du programme, son contenu touristique et culturel, avec les visites indispensables, les arrêts dans les paysages les plus remarquables, sans oublier la préparation de quelques petites surprises pour mes futurs clients.

Je ne raconterai pas dans le détail ces 70 jours de reconnaissance. Cela sera mon jardin secret, un temps de liberté totale, de découvertes, de rencontres inoubliables. Tout en me saoulant de ce grand appel d'air, je goûte d'avance le plaisir que je partagerais plus tard avec mes clients.

Malheureusement, l'équipée sauvage devra s'interrompre à la frontière chinoise dont le franchissement, théoriquement possible, reste périlleux pour cause d'épidémie de SRAS, qui sévissait alors.
Je me voyais mal risquer une période de quarantaine à mon retour en France et je devrais donc faire confiance à nos amis chinois pour la bonne organisation de ces dernières étapes. Heureusement, l'organisation, pour les Chinois, c'est comme une seconde nature.

Autre désappointement, mes rêves de reconnaissance aérienne vont vite battre de l'aile. C'est que l'ULM est un engin capricieux, qui réclame une absence quasi totale de vent pour voler en toute sécurité et un terrain presque ras pour décoller.
En fait, dès le premier vol et avant même que la première photo soit prise, c'est la casse.
Les problèmes, comme les réussites, se baladent généralement en bande et la remorque qui tractait l'appareil finit par fragiliser ma voiture au point de casser le châssis, en pleine zone désertique, à des centaines de kilomètres de tout espoir de réparation.

C'est apparemment la catastrophe, mais ma bonne étoile veille toujours. Après avoir allégé au maximum le véhicule, nous reprenons la route dans l'espoir un peu fou de rallier Oulan Bator, à 2000 kilomètres de là. Miracle, après avoir roulé au ralenti sur une quinzaine de kilomètres, nous tombons par hasard sur le chantier de la route du millénium, appelée à relier l'Europe à la Chine en quelques 5 ou 6 jours de route... j'en parlerais pus loin.
Nous trouvons naturellement là tous les équipements nécessaires pour réparer leurs énormes engins et, au prix d'une bouteille de Vodka, la soudure est rapidement effectuée. Elle tient toujours aujourd'hui.

De retour en France, tous les renseignements glanés en route sont analysés, on fignole les derniers détails, on modifie quelques étapes, puis on fait digérer tout ça par le logiciel Vasco Navigator.
Le road book définitif est édité, ainsi qu'un petit guide pratique à l'usage des futurs voyageurs...
Je loue enfin un énorme camion tout terrain, un Tatra-Safaribus de fabrication tchèque qui pourra nous servir de base arrière mobile, pour emmener les frigos, un WC pour les dames, une douche. Cette location qui nous vaudra quelques surprises pendant le raid, mais on ne peut jamais tout prévoir!.

Il est temps maintenant de passer à la phase ultime, l'heure est venue de lancer les invitations au banquet.

L'objectif est de réunir 12 équipages pour boucler le budget. Des articles paraissent dans quelques journaux, dont le Figaro, quelques encarts publicitaires sont passés dans la presse spécialisée, on tient un stand au salon du 4x4 de Chamonix...
En fait, après pas mal de contacts, de demandes de renseignements, de réunions, de réservations suivies d'annulations, je ne pourrais réunir que 10 voitures.

Il faut sans doute que ce type de raid fasse encore ses preuves, rassure les propriétaires de 4x4 rutilants et prisonniers des villes... Je n'ai pas de meilleure preuve à apporter que de me lancer sur la route, même si le budget n'est pas bouclé.

Bordeaux, le 14 mai 2004, les 12 voitures du raid, escortées de l'énorme camion Tatra, quittent lentement la Place du Stadium sous un soleil plein de promesse.

 

Partie 2 : les 40 jours..

Le premier jour de voyage, Bordeaux -Bruxelles, ne réserve aucune surprise sinon une première frayeur car après quelques dizaines de kilomètres, une épaisse fumée blanche s'échappe du moteur: bouchon de carter envolé! Après une réparation de fortune avec un morceau de bois, tout rentrera dans l'ordre après une petite halte dans un garage Toyota de Blois. Malgré une petite halte à paris, pour les dernières embrassades, nous arrivons à temps à Bruxelles pour visiter la ville et fêter dignement à l'hôtel l'évènement. Dans la journée, curieusement, les participants se sont constitués en caravane, comme pour mieux se connaître, comme intimidés par ce grand départ. J'espère au fond de moi qu'ils vont rapidement prendre un peu d'indépendance.
En réunissant mes souvenirs, j'ai, jour après jour, rédigé une sorte de journal de voyage.

Samedi 15 Mai
Bruxelles/Berlin 739 km.

Dès 9 h., comme prévu dans le road book, toutes les voitures sont prêtes, moteurs ronflants, pour la seconde étape. Après le long trajet d'hier, ce second jour sera également la seconde étape en kilométrage du raid. Nous savons que l'aventure nous attend à l'Est, toujours plus à l'Est, et nous avons décidé de ne pas trop musarder au départ. En pourcentage, cela peut se traduire par 12% du trajet couvert en 5% du temps du raid... cela donne le moral !

Si le trajet, sur les autoroutes européennes, ne pose aucun problème malgré quelques bouchons, la découverte est quand-même au rendez-vous à l'arrivée à Berlin.
Une arrivée dans les délais qui autorise une balade en ville, à pied ou en taxi, pour découvrir la porte de Brandebourg, les restes du mur et surtout les métamorphoses récentes de la capitale.

Après un repas typiquement allemand, les participants se voient remettre un premier cadeau, mon livre "Le mur avait deux faces", souvenir d'une autre aventure.

Dimanche 16 Mai
Berlin/Gdansk: 575 km.

La journée, prévue avec un kilométrage relativement limité, va permettre une navigation vagabonde. Le plan du road book est une chose, mais chacun est libre du rythme de son parcours à condition d'arriver à l'heure prévue au bord de la mer Baltique.
Certains s'arrêteront dans un bon restaurant, d'autres visiteront un musée, une église, et effectivement, chacun se retrouve vers 16 h. à l'hôtel, un hôtel qui avait mystérieusement changé d'adresse tout en conservant heureusement son nom. Ce petit gag sans conséquence me vaudra une tournée d'apéritifs... tradition oblige.

Lundi 17 Mai
Gdansk/Augustow: 364 km.

Une mini-étape, pour prévenir toute fatigue au début du trajet, pour rappeler aussi à tous que notre propos n'est pas d'avaler des kilomètres mais surtout de découvrir et d'échanger.

Départ donc toujours à 9h.,pour garder les bonnes habitudes, mais en car, pour une visite de la ville de Gdansk. Après le soleil qui nous a accompagné depuis Bordeaux, une petite pluie fine s'est mise à tomber, comme pour se mettre à l'unisson de souvenirs pénibles: le rappel du premier obus tombé sur la ville en 1939, le premier obus de la seconde guerre mondiale....Souvenir aussi des chantiers navals crasseux d'où est partie la révolte de Solidarnosc, les prémices de la chute du mur, quelques années plus tard.
Mais trés vite, le soleil timide révèle le vrai visage de la ville: des rues animées, des façades colorées, une jeunesse pleine de gaité qui fête les premiers jours du printemps.

A l'étape d'Augustow, un barbecue géant avait été prévu en bord du lac avec balades en barque et pédalos, mais c'est finalement vers 22h. que nous pourrons avaler quelque chose dans l'arrière-salle de l'hôtel.
En effet, la première mésaventure sérieuse bouscule le programme de la journée.
Malgré toutes mes recommandations de prudence pendant la traversée de la Pologne, les occupants de la voiture n°2 s'arrêtent vers 14h. dans un bois pour satisfaire une envie certainement pressante. Ils laissent le moteur tourner, clé sur le contact, papiers argent, passeports dans la boite à gants... Naturellement, la voiture disparaît en quelques minutes.

Je ne suis prévenu du vol que vers 17.30h. ,à mon arrivée à Augustow. Immédiatement, je demande au Tatra, qui ferme la marche, de faire demi-tour pour aller récupérer nos amis. En les attendant, je me lance dans une série d'appels pour tenter de remplacer les passeports et les visas. Les autorités consulaires contactées réagissent avec rapidité et, en soirée, j'ai la certitude que dès le lendemain, copies des passeports et visas seront envoyés par fax. Pour les bagages, la solidarité des amis du raid va jouer à plein pour remplacer rapidement argent, vêtements et tout le nécessaire pour permettre un départ, dès le lendemain, la mésaventure presque oubliée.

Hélas, vers 22h., le Tatra arrive à l'hôtel d'Augustow sans les malheureuses victimes. Certainement choqués par l'aventure, ces derniers ont décidé de rester sur place et de revenir en France par leurs propres moyens.

Je ne peux accepter cette décision Si je commence à perdre mes clients si près de départ, combien atteindront Shanghai ?
Il est de toute façon trop tard pour réagir... la nuit porte conseil.

Mardi 18 mai
Augustow/Riga (Lettonie): 412 km.

L'étape relativement courte prévoit 6 heures de conduite. Pour ma part j'effectuerais prés du double de kilomètres, et près de 15h. au volant.
Dès le matin, j'ai pris la décision d'aller rechercher mes clients pour les persuader à rejoindre le groupe. J'ai confié la direction à Jean Paul pour assurer le trajet jusqu'à Riga et je repars en sens inverse.

Je rejoins mes malheureux compagnons dans un commissariat polonais. Il faudra encore pas mal de temps pour régler le problème : ll est finalement convenu, après pas mal de discussions un peu orageuses, que les nouveaux passeports et visas arriveraient dès le lendemain à Riga par le vol de Paris, qu'ils prendraient un vol Riga/St Petersbourg, et que là-bas une nouvelle voiture de location serait réservée.

Puis nous reprenons la route rapidement pour rejoindre le reste du groupe à Riga.
Le passage de la frontière, entre la Lituanie et la Lettonie, va encore nous pendre quelques heures pour régler d'étranges problèmes bureaucratiques. Une fois de plus, l'ambassade de France va devoir envoyer quelques fax... et ce n'est qu'après la relève de l'équipe des douaniers de la journée que la barrière se soulèvera.
Pour la première et unique fois du voyage, j'aurais l'occasion de rouler de nuit et de me féliciter des équipements dont j'avais doté ma voiture.

Arrivé à minuit à l'hôtel de Riga, je n'aurais guère pu profiter du programme culturel de découverte de la Lettonie et de Riga, mais le reste de des participants auront pris tout leur temps pour découvrir les forêts et les lacs de Lettonie ainsi que les ressources architecturales de la ville.

Mercredi 19 mai
Riga /St Petersbourg (Russie): 640 km.

Le grand jour de la rentrée en Russie, je sais que le passage de la frontière va être délicat pour l'ensemble du convoi. En attendant, dernier petit problème pour les victimes du vol de voiture en Pologne. A court d'argent pour régler le vol Riga -St Petersbourg, ils doivent se rabattre sur un trajet en car, 18h., et pour comble de malheur, j'apprendrais plus tard qu'ils devront payer une seconde fois leurs visas d'entrée en Russie...

Le passage de la frontière- sortie d'Estonie puis entrée en Russie- est en effet délicat, presque surréaliste.
Je passerais sur les détails et les moyens utilisés, les discussions administratives, les us et coutumes bureaucratiques. En suivant les règles du jeu, en élevant parfois un peu la voix, le convoi chargé de nourriture congelée et de bonnes bouteilles, d'un carton de feux d'artifice, de quatre quads non immatriculés, avec un camion muni de fausses plaques minéralogiques, quitte finalement l'Europe au complet.

Coté russe, le grand spectacle commence. Tout avait été bien planifié avant le départ et un comité d'accueil, à bord d'une voiture officielle coiffée d'un gyrophare nous attend avec toutes les autorisations nécessaires pour faciliter la vie...

Nos voitures roulent en convoi jusqu'aux portes de la ville. Là, nous observons un temps d'arrêt, on allume les warnings et précédé de la voiture officielle toutes sirènes hurlantes, le convoi fait une entrée remarquée dans la capitale des tzars. Les rues ont été dégagées, les feux fixés au vert, et à chaque carrefour un policier à fourragère verte salue militairement... un entrée royale alors que le soleil couchant baigne d'une douceur infinie les couleurs de la ville.

Arrivé à l'hôtel, le Nevski palace Hôtel, l'ensemble des participants ne peut retenir des applaudissements enthousiastes.

Jeudi 20 mai -
St Pétersbourg

Première journée de repos complet, pour casser le rythme, pour ne pas oublier surtout que notre programme est avant tout culturel.

Chacun est libre de son emploi du temps mais nos amis russes nous ont prévu un programme de visite des merveilles artistiques de la ville dont Bernard Decré tiendra une relation précise dans son journal de bord dont nous n'avons ici que retenu les illustrations.

Seul point noir, une pluie continue et l'air est un peu frisquet... nous avons atteint le point le plus au Nord de notre périple. L'atmosphère se réchauffera lors du grand dîner de gala à l'hôtel.

Vendredi 21 mai
St-pétersbourg-Moscou 676 km.

Une route large, de qualité moyenne... quelques embouteillages à la sortie de St-pétersbourg puis un trafic trés fluide, du moins jusqu'à l'approche de Moscou où un hôtel au nom trés poétique, l'Aérostar, a été réservé en périphérie. la visite de la ville est prévue pour le lendemain, en bus.

Samedi 22 mai
Moscou.

Seconde journée de repos total après la longue étape de la veille. Tout comme à St Pétersbourg, le programme de la journée est naturellement libre mais un programme de visites est prévu.

Promenés en bus, nous profitons du tour complet des richesses de la ville, Place rouge, tombeau de Lénine, Kremlin, Musée des armures... se reporter à votre guide favori, ou au journal de Bernard Decré, pour connaître le détail.

Nouveau dîner de gala dans un restaurant traditionnel : multiples entrées russes, cochon de lait, esturgeon, gâteaux moelleux... avec pour fond sonore,naturellement, les violons tsiganes.

Dimanche 23 mai
Moscou/Nijni-Novgorod :457km

La route est large, le plus souvent trois voies, mais parfois quatre, cinq, jusqu'à huit, même si les lignes de démarcation au sol sont souvent absentes ou purement décoratives. Cette route deviendra bientôt la route du millenium, qui devrait relier l'Europe à la Chine en cinq jours de voiture... dès que les multiples ornières seront comblés et dès que les trop nombreux contrôles de police auront disparu.. Premier signe de ce futur projet: des pompes à essence flambantes neuves tous les cent kilomètres pour anticiper le futur trafic escompté.

Le trajet, relativement court, nous permet dans l'après midi une visite de la ville en bus. Capitale industrielle de la Russie, l'ex-Gorki, à cheval sur la Volga, réserve de belles surprises architecturales, la forteresse du XVIième qui domine le fleuve, les églises de la Nativité, de l'Assomption, sans oublier un superbe musée de peinture contemporaine.

Lundi 24 mai
Nijni-Novgorod / Kazan: 394 km.

Une étape de transition comme on dit pour le Tour de France, une étape relativement courte sur une route relativement bonne si on sait éviter quelques nids de poule. Etape ponctuée par un mémorable déjeuner de brochettes sur le bord du chemin.
Arrivée à Kazan vers 16 h., au Safari Hôtel, où nous attend un bus pour la visite de la ville. d'Ivan le Terrible. On retiendra surtout de cette visite bien encadrée que l'Université de Kazan a accueilli Tolstoï mais exclu Wladimir Oulianov, alias Lénine, l'année même de son inscription. Le kremlin local, c'est à dire la forteresse qui domine la Volga, fête cette année son millième anniversaire, elle est classée au patrimoine de l'Unesco.

Mardi 25 mai
Kazan / Perm : 673 km.

Une route un peu défoncée par le dégel mais un paysage superbe où se mélangent tous les tons du vert sous un ciel d'orage.
Le kilométrage assez important nous fait arriver assez tard à Perm, d'autant plus que nous devons avancer nos montres de deux heures pour tenir compte du décalage horaire : il nous faut renoncer à la visite de la ville ainsi qu'à la petite croisière prévue sur la Volga.

Mercredi 26 mai
Perm / Ekaterinbourg : 670 km.
Encore une longue étape vers l'est. Le paysage est assez monotone, les terres noires des labours alternant avec les bois de bouleaux à l'infini. Chacun, en arrivant à Ekaterinbourg en fin d'après-midi, ne peut s'empêcher de penser au dernier Tsar de toutes les Russies, Nicolas II, fut assassiné ici avec sa femme, la Tsarine Alexandra, leurs enfants, leur médecin et trois domestiques. Leurs restes n'ont été découverts et reconnus que récemment: la Russie d'aujourd'hui redécouvre son passé douloureux.

jeudi 27 Mai
Ekaterinburg / Tioumen : 328 km.

Le faible kilométrage prévu permet, le matin, une visite complète de la ville. Nous devrons seulement faire l'impasse sur la visite du musée du samovar, dont nos guides ont malheureusement perdu l'adresse!
Puis la Sibérie continue a étaler à l'infini ses paysages mélancoliques et monotones. Premier pépin mécanique d'importance: la boîte de vitesse de la seule Land Rover de la caravane décide de rendre l'âme. La réparation ne pouvant être effectuée, nous décidons de laisser le véhicule sur place, non sans avoir graissé la patte aux policiers locaux pour éviter de payer la taxe d'importation.
A l'arrivée à Tioumen, nous sommes attendus non seulement par les représentants de la police locale, mais également par trois caméras et quelques journalistes qui vont immortaliser l'expédition dans le journal du coin.
Le dîner de gala inscrit au programme ne répond pas à l'attente de nos voyageurs: un foie gras et un confit de canard qui déshonorerait le plus petit restaurant du sud-ouest. Heureusement, le bar est en libre-service!

vendredi 28 mai
Tioumen / Omsk : 625 km.

Que la Sibérie est vaste! Terre noire à l'infini sous un ciel bas. La route rectiligne longe la voie du Transsibérien dont nous avons la chance de voir et de filmer un convoi au cours d'un de nos arrêts.
Encore un petit problème de localisation de l'hôtel en arrivant à Omsk à la suite d'un changement d'adresse de dernière minute. Certaines voitures doivent rouler en caravane derrière un taxi local pour se faire guider jusqu'au bon hôtel.
Je connais le prix de l'incident: tournée générale à l'apéritif.

Samedi 29 Mai
Omsk/ Novosibirk : 666 km.

Dernière étape sibérienne. La route longe la frontière du Kazakhstan, mais le paysage ne varie pas.On a un peu l'impression de voir défiler le même film depuis trois jours : des champs et des champs à l'infini, le grenier à blé de l'Europe!
Novosibirk, ville grise et assez terne ne nous laissera pas un souvenir impérissable, si ce n'est la participation impromptue, en fin de soirée, à la fête de la bière locale. La vie n'est peut-être pas gaie tous les jours sous ces latitudes, mais quand les Russes font la fête, ce n'est pas la veillée des chaumières.

Dimanche 30 mai
Novosibirk / Tsar-Camp, dans l'Altaï : 494 km.

Toujours une route trés carrossable, peu fréquentée, et un paysage qui change enfin. On quitte la morne plaine pour s'engager dans les montagnes de l'Altaï.
Pour la première fois, l'étape ne se fera pas à l'hôtel mais dans un camp de petits bungalows en bois, perdus dans la forêt. On accède au camp par une passerelle de lianes métalliques qui se balance au-dessus d'un torrent tumultueux. L'endroit est sauvage et magnifique, rendu encore plus mystérieux par un ciel sombre et bas.

Si le temps n'est pas estival, l'accueil, lui, est trés chaleureux. C'est bientôt la fin de notre périple à travers la Russie. Les amis russes qui nous ont accompagné et guidé pendant cette traversée voient arriver le terme de la mission et, tout à la fois tristes de nous quitter et heureux que tout se soit bien passé, vont un peu se laisser aller et les adieux se feront à la russe, avec force danse et vodka...

Lundi 31 mai
Tsar-Camp/ River-camp : 277km.

Détente le matin. Les plus courageux vont s'offrir une balade à pied en forêt, jusqu'à une magnifique chute d'eau et la découverte d'un arbre shamanique.
La journée sera marquée par une cérémonie longuement préparée: l'érection d'un mat, au centre du camp, en haut duquel nous allons faire monter le fanion du Yacht Club de France.

Nous avons en effet décidé, avec Bernard Decré, ambassadeur itinérant du YCF pour la circonstance, que ce camp marquerait dorénavant le point le plus continental du globe, le point le plus éloigné de toute mer, la côte la plus proche se trouvant à 4500km.
J'entends déjà quelques grincheux contester la fiabilité de nos calculs et l'exactitude de nos compas. J'accepte d'avance leurs divergences car nous n'avons pas poussé le vice jusqu'à tenir compte de l'amplitude des marées, mais je leur répondrais que même notre vénérable IGN, l'Institut géographique National, n'a pas été capable de me désigner une localisation plus précise.
Si ce n'est pas à Tsar Camp, c'est dans les environs et, quant il s'agit de planter les couleurs, on ne va pas chipoter pour quelques dizaines de kilomètres.

La plus étonnée de cette surprenante révélation fut certainement la patronne du camp qui, en commerçante bien avisée, flaira rapidement toute la notoriété qu'elle pourrait tirer dans l'avenir de cette promotion.

A onze heures précises, en présence du Premier ministre de la République de l'Altaï, devant les caméras de télévision, le mat était donc planté et le drapeau déployé dans une ambiance hésitant entre le recueillement et la franche rigolade.

Départ ensuite vers River Camp, notre dernière étape russe, à quelques longueurs de la frontière mongole. Mystérieusement, l'emplacement retenu pour monter notre village de tente avait était déplacé d'une centaine de kilomètres plus à l'Est par nos guides, ce qui ne mit pas vraiment de bonne humeur certains équipages fatigués, d'autant que les nuages bas n'invitaient pas vraiment au sourire. Comble de malheur, le caviar du soir était vraiment gelé, même arrosé de vodka...

Mardi 1er juin
River Camp / Camp des aigles : 336 km.

Il nous reste quelques 200 km a effectuer avant la frontière mongole. Pour rentrer en Mongolie, il faut déjà sortir de Russie, et ce n'est pas si évident!
Je me présente le premier au poste de douane russe pour tenter d'accélérer la manœuvre.

Une douanière à l'air revêche examine mon passeport, puis me contemple longuement, revient à la photo du passeport, puis à mon visage avec un air perplexe. Je comprends enfin son embarras : je me suis laissé pousser la barbe et je ne ressemble plus trait pour trait à la photo!
Au moment où j'allais envisager de prendre un rasoir pour la rassurer, un large sourire éclaire enfin son visage car elle vient de réaliser qu'elle m'avait déjà contrôlé il y a un an, lors du voyage de reconnaissance.
C'est comme si elle venait de retrouver un ami et les barrières ne tardent pas à se soulever pour autoriser le passage de la caravane.

Enfin la Mongolie! Enfin presque, car les deux pays sont séparés d'un no man's land d'une trentaine de kilomètres par une route, ou plutôt une piste trés défoncée, aucun des deux pays ne s'arrogeant le droit, ou le devoir, de l'entretenir.
Un dernier poste de contrôle russe, prévenu par téléphone, nous laisse passer sans problème et nous arrivons bientôt à la frontière mongole.

Une barrière cadenassée, un petit bâtiment désert dont les portes sont largement ouvertes, l'endroit n'est guère accueillant, d'autant plus qu'un brusque orage de grêle s'abat sur nous.

Heureusement, Byamba, notre guide mongol, est fidèle au rendez-vous et nous attend comme prévu de l'autre coté de la barrière. Les embrassades de retrouvailles terminées, il faut maintenant passer au cérémonial de la douane.
Je dis cérémonial car je sais qu'il va me falloir sérieusement réfréner mon naturel... disons, un peu brusque. Nous rentrons dans un pays où le temps n'a plus vraiment la même consistance qu'en France : le temps prend son temps, je dois faire avec.

Byamba m'emmène tout d'abord vers la petite maison du douanier dont le premier geste est de mettre de l'eau à chauffer pour préparer le thé au beurre rance.
Assis en tailleur sur le sol, j'observe en silence les deux mongols qui échangent quelques phrases entrecoupées de longs silences. Le temps ne passe pas. J'interroge du regard Byamba, sans grand succès, il faut patienter...

Enfin, quelques tasses de thé plus loin, quelques gâteaux trés secs avalés avec difficulté, l'homme se lève lentement, enfile sa vareuse de douanier et nous invite à le suivre au poste de douane, un petit bâtiment en bois d'un seul niveau, avec une porte sans serrure, des murs qui n'ont pas vu de peintres depuis des années, des sacs plastiques en guise de carreaux...

Là, nous remplissons avec plus ou moins de sérieux quelques formulaires en russe et en anglais qui finiront oubliés au fond d'un tiroir car nos identités ont été relevées depuis longtemps. Enfin, le cérémonial prend fin, je fête ça avec une tournée générale et nous reprenons la route vers l'est.

Le paysage a changé du tout au tout, nous franchissons des cols a plus de 2500m. d'altitude, surplombés de chaînes montagneuses culminant à plus de 4000 m. Apparaissent les premières caravanes de chameaux, quelques troupeaux et, de temps en temps, quelques yourtes disséminées dans l'immensité.
La route devient un peu sportive et nous mettrons plus de trois heures pour franchir les 140 km. qui nous séparent de l'emplacement choisi pour notre premier campement.

Mercredi 2 juin

Une journée de repos complète pour nous acclimater à la Mongolie, donner enfin du temps au temps et faire connaissance de la nouvelle équipe qui va nous accompagner pour quelques jours.
Après la dure journée de la veille, nous pouvons enfin, reposés, découvrir quelques aspects de la prodigieuse culture mongole: démonstration de dressage des aigles, tir à l'arc, dressage des chevaux... les visages des mongoles sont rayonnants de joie communicative.

Jeudi 3 juin
Olgii à har us Lake: 270 km.

La route traverse toujours les montagnes de l'Altaï, la vitesse ne peut pas dépasser les 40 km/h. Nous passerons, après un déjeuner dans un col à 2500 m; à la vallée des Grands lacs, 1300 m. plus bas.
Le soir, au campement, nos hôtes nous ont réservé une découverte des chants traditionnels mongoles, le chant diphonique, auquel certains s'essaieront avec plus ou moins de bonheur.

Vendredi 4 juin
Har Us Lake / Ereen Lake : 352 km.

Départ dès 7h. après avoir contemplé un magnifique lever de soleil
Le matin, la route traverse la vallée des grands lacs entre des dunes de sable et au loin, de magnifiques sommets enneigés. Le temps est superbe.
Après le déjeuner, Nous pénétrons dans la steppe, la route permet une vitesse légèrement supérieure. Peu d'incidents à notre sinon une crevaison et le sauvetage d'une semi-remorque ensablé au bord de la route.
Le campement du soir est planté auprès des rives du somptueux lac Ereen sur lequel nous lançons un feu d'artifice.

Samedi 5 juin
Ereen lake / Otgon : 235 km.

Une route entre steppe et petites montagnes. Après le déjeuner sur les bords du fleuve Zavkhan, la route commence à grimper dans les montagnes vers le parc naturel du mont Otgon tenger, un parc de 95510 km2 dont la faune sauvage, composée entre autres de loups, argalis ou ibex est strictement protégée. Toutes les difficultés de la piste en montagne sont réunies: passages étroits en surplomb, gués, et, pour ajouter un peu de piment, quelques voitures se perdent un peu en route.
Tout le monde se retrouvera finalement au campement du soir, auprès d'un lac, au pied du pic de l'Otgon Tenger.

Dimanche 6 juin
Otgon / Terhiin Tsagaan lake : 271 km.

La route longe la chaîne de montagnes du Khangai, elle réclame une attention de tous les instants.
Les paysages sont toujours magnifiques. La brochure préparée par notre guide évoque des collines dont le relief rappelle le corps des femmes....c'est dire si nous sommes attentifs.
Dans l'après-midi, le panorama change: dans ces montagnes nordiques, les arbres couvrent la montagne, la végétation se fait plus dense.
Le campement est installé auprès d'un des plus beaux lacs de Mongolie, certains participants, perdus en route, vont le rejoindre vers minuit.

Lundi 7 juin

Journée de repos complète, sous une chaleur torride, pour se remettre des émotions de la veille
Repos pour certains, entretien et nettoyage des véhicules... et de leurs conducteurs.
La beauté du lac est extraordinaire. On y trouve de nombreuses oies sauvages, des cygnes, des canards et bien d'autres oiseaux.
Nous avons aussi le temps d'aller visiter le volcan Horgiin, à quelques 25 km. de là.

mardi 8 juin
Terhiin Tsagaan Lake / Harhorin : 302 km.

La route suit les montagnes et les vallées du Khangai du sud. Certaines sections ont été nouvellement pavées, annonçant ce qui sera certainement une petite révolution pour le pays, sa traversée par la fameuse future route du millénium, dont nous avons déjà croisé certaines sections en Russie, qui permettra de relier sans difficulté par la route la Chine à l'Europe.

Arrivée en fin d'après midi au camp de la rivière Orkhon, près de Harhorin, l'ancienne capitale de la Mongolie.

Un spectacle fabuleux nous attend: une course de chevaux sur 12 km, une mini-Nadaam, les courses traditionnelles du Nadaam se courant généralement sur une distance plus longue.
Ces courses sont réservées aux enfants d'une dizaine d'années, parfois plus jeunes, puisque les enfants mongols apprennent à monter à cheval et à marcher pratiquement en même temps.. Leur faible poids, et un entraînement intensif pour le cheval permet ainsi des courses folles de 20 km.
Le soir, coucher dans un vrai lit, mais sous une yourte!

Mercredi 9 juin
Harhorin / Ulan Bator : 360 km.

Après la visite de Harhorin, l'ancienne capitale de l'Empire mongol, nous prenons la route de l'actuelle capitale, Oulan bator. C'est la route la plus fréquentée du pays, mais certainement pas la plus carrossable. Il faut être trés prudent et ne pas hésiter parfois à quitter la route pour rouler sur la steppe, au sol plus régulier.
Arrêt pour déjeuner auprès du parc national Hustain Nuruu, refuge des chevaux de Przewalski, un des plus anciens chevaux sauvages du monde, réimplantés récemment en Mongolie.

Arrivée le soir à Oulan Bator et accueil dans un hôtel, l'hôtel Gengis Khan naturellement, où la plupart des voyageurs ne sont pas mécontents de retrouver une douche après ces quelques jours sous la tente.

Jeudi 10 juin
Ulan Bator (ou Ulaan Baatar )

Journée de repos et de détente en ville. Certains équipiers nous rejoignent, d'autres nous quittent pour retourner en France.
Oulan Bator donne l'impression d'une ville du Far West, ou du Far East en l'occurrence. Une ville pas trés belle, apparemment trés polluée, mais pleine de vie et de mouvement. Durement frappés par deux hivers terribles en 2000 et 2001, de nombreux nomades ont du se réfugier en ville et la capitale est passée brusquement de 650000 habitants à 1 million en deux ans...
Après la visite de la ville, chacun vaque à ses occupations, il faut reprendre des forces car le voyage n'est pas terminé.

Vendredi 11 juin
Oulan Bator / Baga Gazriin Chuluu : 259 km.

Départ un peu solennel en face du parlement, voitures alignées comme à la parade en présence de l'ambassadeur de France et de la presse locale... malheureusement un faux départ pour moi car mes freins vont lâcher peu de temps après et je devrais faire demi-tour pour une réparation en catastrophe.
Après Oulan Bator, nous entrons dans le désert de Gobi; La route est large, le sol plat et moelleux n'offre aucune difficulté. Les vastes plaines sont tout juste modulées par quelques douces collines, la végétation est rare et seules quelques formations rocheuses animent de temps en temps le parcours.
Quelques cavaliers croisent notre caravane et deux d'entre eux vont même improviser une petite course avec la voiture de Bernard Decré...
Un grand feu de bois nous attend au campement, tout le monde est assez fatigué par la route.

Samedi 12 juin
Baga Gazriin Chuluuu / Saihandulaan : 330 km.

Les dieux du 4 x 4 ne sont décidément pas avec moi. Après les freins, c'est la boîte d'embrayage qui lâche. Je ne peux pas ralentir le raid dans l'attente des secours et je décide d'abandonner mon véhicule auprès de la maison d'un éleveur du coin... elle nous rejoindra à Shanghai après réparation.
On répartit les bagages dans les autres véhicules, et c'est reparti sur la piste des steppes. Plaines et petites collines s'étendent à l'infini, c'est assez fascinant et fatiguant à la fois. Le temps est magnifique.

Dimanche 13 juin
Saihandulaan / Yunshoo : 230 km.

Le vent s'est levé cette nuit, le ciel est voilé, le désert de Gobi a décidé de nous donner un aperçu des redoutables tempêtes de vent qui ont modulé son relief, juste un petit aperçu heureusement.
Toujours une route large et régulière à travers la steppe.
Le soir, le vent ne s'est toujours pas calmé mais les tentes du campement semblent vouloir résister. Autour d'un feu de bois, nous célébrons dignement et avec un peu de nostalgie notre dernière soirée mongole.

Lundi 14 juin
Yunshoo / Zamiin Uud (frontière chinoise) 70m.
Frontière / Datong : 530 km.

Sortir de Mongolie pour pénétrer en Chine réserve un choc culturel. Après les formalités bon enfant du coté mongol, qui se règlent assez rapidement avec quelques sourires, un peu de culot et une distribution de paquets de cigarettes, on entre dans la cour des grands : un poste frontière tout neuf, d'une propreté remarquable, des douaniers, hommes ou femmes qui donnent des consignes précises tout en gardant une courtoisie parfaite... Tout ça est parfait, bien huilé, mais donne un peu froid dans le dos. En contemplant leurs uniformes impeccables, leurs gestes précis, me vient curieusement en tête des images de l'occupation allemande en France face à la débandade de l'armée française... Ce poste frontière, avec plus de cent douaniers parait démesuré pour notre petite caravane ou pour les rares camions mongols que nous voyons passer. Les Chinois anticipent déjà le futur trafic que génèrera cette future route du millénium... les producteurs européens ont peut-être du souci à se faire!
Passée la douane, une route large et parfaitement roulable s'offre à nous. La circulation est rare et permet des vitesses élevées, sans doute trop élevées pour nos voitures aussi fatiguées que leurs conducteurs.
A l'arrivée dans les faubourgs de Datong, la route est en construction et la circulation se fait plus difficile. Charrettes, vélos, camions surchargés se croisent et se doublent dans le plus grand désordre. Il fait nuit, la poussière et la pluie rendent le spectacle assez cauchemardesque... Enfin, personne ne se perd.
Ce n'est plus un village de tente qui nous attend à l'étape mais un superbe hôtel grand luxe, on en avait presque perdu l'habitude.

Mardi 15 juin
Journée de repos

Datong, une ville moyenne pour la Chine: 2,5 millions d'habitants, au centre d'une région minière. Les mines sont partout, souterraines, à ciel ouvert... La terre disparaît sous une boue noirâtre, les bords de route sont encombrés de centaines de personnes trimballant des sacs de charbon sur des ânes ou des tricycles
La matinée est consacrée à la visite des grottes aux trente mille Bouddhas. Dix mille artisans ont sculpté là des milliers de statues du Bouddha de toutes tailles, de 30 cm. à plus de trente mêtres... le spectacle est fascinant.
L'après midi, grand nettoyage des véhicules, extérieur et intérieur... Dans cette station service, cinq à six employés prennent en main chaque véhicule avec de grands éclats de rire. La toilette durera deux heures, pour 10 yuans, 1 Euro, cela laisse songeur.....

Mercredi 16 juin
Datong : Shijiazhuang :504 km.

Notre route doit croiser la Grande Muraille, mais le guide ne sait plus vraiment quelle sortie prendre sur l'autoroute.
Sous un ciel bas et gris, sous la pluie, la muraille nous apparaît enfin à la sortie d'un village. Ce n'est pas la grande muraille telle qu'elle apparaît sur les cartes postales, mais une section non encore réhabilitée, une muraille rongée par les intempéries, dont les habitants du coin ont prélevé les pierres pour consolider leurs maisons...Malgré leurs blessures, ces vestiges de la muraille sur ces collines sauvages sont grandioses et certainement plus émouvants que les autres portions que nous croiseront plus loin, rénovées à l'usage des touristes.
La conduite est assez sportive, non en raison de l'état de la route, mais à cause des habitudes de conduite assez déconcertantes des chinois. Il faut vraiment se méfier à chaque instant pour ne pas emboutir les camions surchargés, les charrettes, vélos ou tricycles enfumés.
Au travers de la route, une grande banderole en anglais et en chinois prévient : "Demain, nous serons les meilleurs du monde !"
On veut bien les croire...

Jeudi 17 juin
Shijiazhuang / Qufu : 444 km.

Lever à 6.30h., c'est l'heure de la gymnastique matinale sur la place devant l'hôtel.
Après un excellent petit déjeuner, la directrice de l'hôtel, une hollandaise, et tout son personnel aligné sur le parvis, nous souhaitent bonne route.
Excellente route en effet sur une autoroute en superbe état.
Arrivée à 16h. à Qufu, la ville natale de Confucius, une "petite " ville d'à peine 100000 habitants, dont 20%, selon la rumeur, serait d'authentiques descendants du grand philosophe.
Le soir, quelques deux cents figurants nous présentent un grand spectacle son et lumière, entre Holiday on Ice et le théâtre Mogador, pour évoquer la pensée confucéenne.

vendredi 18 juin
Qufu : Nanjin : 571 km.

Petite et bonne surprise le matin : nos voitures ont été lavées pendant la nuit, un petit détail qui fait vraiment plaisir...
Dans la matinée, nous pouvons parfaire nos connaissances sur Confucius en visitant les quelques dix palais édifiés en son honneur au cours des siècles;
Nous devons assez rapidement reprendre la route pour cette assez longue étape. Après avoir traversé le Yang Tsé Kiang, le fameux fleuve bleu, après avoir évité des centaines de charrettes et autant de cyclistes, nous arrivons sans dommage à Nanjin, 8 millions d'habitants, le premier port fluvial de Chine, ancienne capitale de la Chine du sud.

samedi 19 juin
Nanjin / Shangaï : 322 km.

Dernière étape!
Une route qui croise Suzhou, la "Venise de la Chine".
Le proverbe dit : Il faut s'habiller à Shangaï, manger à Canton, et habiter et aimer à Suzhou ! C'est là, parait-il que les filles sont les plus belles... mais notre visite se limitera aux jardins, également trés beaux, et qui attirent plus de 600000 touristes chaque année.
A 100 km. de Shangaï, le paysage se change déjà en zone industrielle, il ne s'agit pas de rater la bonne sortie et tous les véhicules se regroupent pour pénétrer enfin dans la ville: un étalage de tours immenses et ultra modernes, comme une exposition des travaux des plus grands architectes du moment.
Après être passés sous le fleuve, nous arrivons enfin à notre hôtel, à coté de la grande tour de la télévision. Avec 420 m. de haut, c'est sans doute l'hôtel le plus haut du monde, un endroit grandiose pour clore notre périple...

Dimanche 20 juin

A 8.20h., chacun regagne son véhicule pour la dernière fois : Il faut les conduire chez le transitaire pour le retour en France. Deux heures de route pour cette ultime étape un peu triste. La grande aventure est terminée, un petit car nous reconduit à l'hôtel en fin de matinée.
Visite de la ville en bus dans l'après midi.
Shangaï est la ville de tous les superlatifs. On prétend que plus de 50000 chantiers sont actuellement en cours et que, sur l'ensemble des grues du monde, une sur quatre se trouverait ici... tout ça donne un peu le tournis!
Dernier dîner de gala en soirée pour l'ensemble des participants. On me remet un livre d'or sur lequel chacun a mis un petit mot d'amitié. Les sentiments se mêlent un peu, la joie que tout se soit bien passé, la tristesse aussi que tout soit passé...

Lundi 21 juin.
Shangaï / Paris : 10.000 km.

D@niel BOULOGNE.(c)

 

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